J'ai toujours élancé ma propre vie sur une inspiration, ou plutôt une aspiration. Elle me tirait vers l'avant et me guidait sans que je prenne la peine d'ouvrir les yeux. J'avançais à l'aveuglette, au gré des vents et des marées les plus audacieuses, sans trop me soucier des tempêtes. L'aspiration première passée, je me suis arrêté. Et en me retournant, je me suis aperçu que je m'étais égaré, que le navire avait dévié. J'ai stoppé ma course, et j'ai tourné le sens du vent. J'ai invoqué la Bourrasque du Changement.
Premièrement, j'ai pris mes chaussures fétiches : celles avec les énormes languettes, j'en rentre une sous le pantalon pour faire faux-débraillé-avec-du-style. J'ai ressorti mon zeste de spontanéité et ai fait 300 km pour une destination quasi inconnue. J'ai débarqué à l'improviste dans le temple de l'Immorainattitude. C'était fait, le mot était lancé. La Parole était là, le Geste ferait le reste.
Deuxièmement, j'ai vidé ma tête. Tout le stress, toutes les interrogations, les incertitudes, tous les problèmes - à la poubelle ! Ou plutôt, dans le shaker. Je me suis fait un cocktail trop alcoolisé. Je l'ai vidé dans l'évier, puis j'ai englouti la première bouteille de bière qui passait. Elle m'a dit bonjour, je n’ai pas pu refuser la seconde. Et la troisième a filé sous mon palais avant même que je m'en aperçoive.
Troisièmement, j'ai senti le vent tourner. J'ai pris froid ; il était chargé de pollen. Le voilà qui arrivait avec les bonnes décisions : on arrête, on recommence ailleurs avec autre chose et quelqu'un d'autre. Ce sera pas forcément plus concret, mais merde. Fait chier, faut pas m'énerver.
À force d'aller trop vite, on a oublié qu'à un instant donné, il fallait décrocher pour sauter dans le vide. Et embrasser la vie, son lot de batailles incessantes, ses rages heureuses qui nous font vibrer le coeur et - Oui, embrasser la vie.
J'ai toujours élancé ma propre vie sur une inspiration, ou plutôt une aspiration. Elle me tirait vers l'avant et me guidait sans que je prenne la peine d'ouvrir les yeux. J'avançais à l'aveuglette, au gré des vents et des marées les plus audacieuses, sans trop me soucier des tempêtes. L'aspiration première passée, je me suis arrêté. Et en me retournant, je me suis aperçu que je m'étais égaré, que le navire avait dévié. J'ai stoppé ma course, et j'ai tourné le sens du vent. J'ai invoqué la Bourrasque du Changement. Et elle m'a répondu.


C'est plus joli que Wind of Change de Scorpions!